l'albatros analyse linéaire

Baudelaire, « L’albatros », II . Comme le suggère le titre de son recueil. La torture subie par l’oiseau est donc à la fois physique et morale. L'image de l'Albatros capturé évoque l'idée d'être totalement étranger au monde qui l'entoure. Deuxième poème de la section « Spleen et idéal » Ce texte dresse le portrait d’un poète nouveau, le poète-albatros. Le motif de cette capture, « pour s’amuser », témoigne de la cruauté des marins qui s’exerce fréquemment, ce que rappelle l’adverbe « souvent ». Le motif de cette capture, pour s’amuser, témoigne de la cruauté des marins qui s’exerce fréquemment, ce que rappelle l’adverbe souvent. Sa position, avant la césure, le met en valeur. J'ai étudié ce poème avec mes élèves, je leur conseillerai de se référer à votre étude pour leurs révisions. Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers, Qui suivent, indolents compagnons de voyage, Le navire glissant sur les gouffres amers. La cruauté des marins arrive à son paroxysme à la 3e strophe avec le lexique de la violence (« agace son bec », « brûle gueule », « mime en boitant »). L’action est dramatisée par toute une série de moyens. Il annonce ainsi le poète maudit de la fin du XIXe siècle. L’oiseau est donc promis à une souffrance déjà suggérée au vers 2. Au vers 13, l’analogie dont nous parlions au début de l’analyse établit une correspondance entre le poète et l’oiseau : Cette strophe nous dévoile une grande violence des hommes d’équipage non seulement qui le raillent, le parodient, mais vont jusqu’à l’insulter. Ses recueils (Les Fleurs du Mal, 1857 ; Petits poèmes en prose, 1869) et son œuvre critique (l’Art romantique, 1868) sont à la source de la sensibilité moderne. Mais la dernière strophe nous invite à une relecture du texte puisqu’elle explicite une analogie entre l’oiseau et le poète. Son « h » aspiré provoque un hiatus qui brise le rythme de la lecture et suggère un climat d’agression et de brutalité. Une idée de grandeur et de détachement du monde matériel se fait ressentir dans la perception du poète : Indolent (V.3), rêveur, il plane au-dessus du navire et des gouffres amers (V.4), image même de l’adversité de l’existence. Baudelaire représente donc le poète comme un albatros. Premiers cités, les marins sont peu décrits ; l’accent est mis sur une communauté : Connaissant la comparaison entre l’albatros et le poète, une lecture éclairée nous permet de comprendre un thème traditionnel à Baudelaire : la solitude de l’homme de génie au milieu de la foule (, L’importance accordée à cet oiseau se lit dans la place que tiennent les périphrases : la première. L’importance accordée à cet oiseau se lit dans la place que tiennent les périphrases : la première, occupe tout le second hémistiche du vers 2, la seconde. Baudelaire reprend ensuite dans cette strophe l’opposition entre force, majesté et faiblesse, pathétique. L’oiseau se voit présenté de manière élogieuse : ces rois de l’azur (V.6) ; Pourtant cet animal sublime présente une image radicalement opposée une fois posé au sol. L’oiseau est constamment personnifié que ce soit en. L’albatros devient le poète, les marins deviennent le théâtre de la vie du poète. Nous ferons remarquer la parallèle entre le poète et l’animal plus tard dans notre analyse. Les planches est une des seules identification que le poète fait des marins. Les albatros ne sont en effet qu’une représentation du poète. quand la phrase ne s’arrête pas à la fin du vers, mais déborde jusqu’à la césure ou à la fin du vers suivant. L’accent est mis d’abord sur le caractère soudain de la transformation : A peine les ont-ils déposés sur les planches (V.4). ». Charles Baudelaire (1821-1867) est un écrivain français du XIXème siècle. A peine les ont-ils déposés sur les planches, Ouverture vers « Le Crapaud » de Corbière. Un enjambement : quand la phrase ne s’arrête pas à la fin du vers, mais déborde jusqu’à la césure ou à la fin du vers suivant. Au vers 13, l’analogie dont nous parlions au début de l’analyse établit une correspondance entre le poète et l’oiseau : Le poète est semblable au prince des nuées. La métaphore filée : la métaphore est  une figure de style qui consiste à mettre un mot à la place d'un autre par analogie ; la métaphore filée désigne une métaphore que l ' auteur construit sur plusieurs lignes sur un même thème, Le premier mouvement (v. 1 à 4) : L'albatros dans l'azur, « Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipagePrennent des albatros, vastes oiseaux des mers,Qui suivent, indolents1 compagnons de voyage,Le navire glissant sur les gouffres amers. Le recueil scandalise la société conformiste et soucieuse de respectabilité. Baudelaire y exprime sa réflexion esthétique, son refus de l’utilitarisme et y définit la fonction du poète « déchiffreur » de symboles. Premiers cités, les marins sont peu décrits ; l’accent est mis sur une communauté : les hommes et l’équipage (V.1). Le poème fonctionne sur un principe de réinterprétation, après avoir découvert l’enjeu à la quatrième strophe : l’albatros devient le poète, les marins deviennent le théâtre de la vie du poète. Assonance en [en ] qui accentue la majesté de l’albatros : souvent, indolents, glissant. Baudelaire subit un procès retentissant pour « offense à la morale et aux bonnes mœurs ». La longueur même de ses grandes ailes blanches (V.7), comparées à des avirons (V.8) pour souligner combien elles l’encombrent à terre le rend maladroit (V.6). L’accent est mis d’abord sur le caractère soudain de la transformation : L’oiseau suscite la caricature et le rire cruel et stupide : l’albatros est perçu comme, partir du vers 9, un seul oiseau est évoqué, ce qui prépare la présentation du. Selon Baudelaire, le poète se situe, par son art,  au-dessus du commun des mortels dont il est incapable de partager la condition humaine. Le récit que contient le poème est marqué par la répétition : dès le premier mot, l'adverbe. Baudelaire subit un procès retentissant pour « offense à la morale et aux bonnes mœurs ». Le poète/albatros est un roi déchu et il en souffre puisqu’il prend conscience de sa déchéance. Il est victime de, La correspondance entre l’homme et l’animal s’établit aussi par l’ambiguïté des termes. Bienvenue sur ce site de ressources littéraires pour les élèves de lycée dirigé par Julien Strycharek, professeur de français. Introduction : Poème composé de quatre quatrains, alexandrins. Est-ce pour mieux accentuer le déchirement du poète entre ses deux vies : celle de la réalité et celle de l’idéal . Comme des avirons traîner à côté d’eux. L’action, mise en valeur par l’enjambement, prend un caractère subit et brutal. Le texte évoque une scène de vie en mer au cours de laquelle un albatros, qui s’est posé sur un navire, est capturé par les marins qui en font leur souffre-douleur. L’antithèse entre présent et passé (« naguère si beau, qu’il est comique », « l’infirme qui volait ») accentue cette métamorphose. La vie de l’albatros se transforme, par l’alchimie poétique, en miroir de l’existence du poète. Lecture linéaire 1 « L’albatros », Baudelaire. Le jugement le condamne à une forte amende et il entraîne la censure de six poèmes jugée immoraux. Charles Baudelaire (1821-1867) est un écrivain français du XIX, , 1868) sont à la source de la sensibilité moderne. La vie de l’albatros se transforme, par l’alchimie poétique, en miroir de l’existence du poète. La violence des marins est suggérée dès le vers 2 avec l’utilisation du verbe d’action « prennent ». Par cette métaphore filée, une lecture des strophes semble évidente : Les trois premières strophes comparent l’oiseau à un « roi » déchu ; La quatrième strophe creuse la symbolique du poète. , il a tenté de tisser des liens entre le mal et la beauté, le bonheur fugitif et l’idéal inaccessible. est un poème qui aurait été inspiré à Baudelaire lors de son voyage en mer vers l’île Maurice. «  L’albatros », le poème CIV de la section « Spleen et Idéal », composé de quatre quatrains. (V.10) L’opposition entre les qualificatifs mélioratifs {ailé (V.9), beau (V.10)} et dépréciatifs {gauche et veule (V.9), comique et laid (V.10)}, voire antithétiques (beau/laid) fait sentir le tragique de la condition de l’homme/oiseau. BAUDELAIRE. Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage Le poème se présente comme une scène de vie en mer. Il hante les tempêtes (V.14) signifie que le poète connait une exaltation d’ordre spirituel et intellectuel, qui le rend supérieur au commun des mortels (représenté par les hommes d’équipage). L’épithète vastes dans la première, souligne certes l’envergure exceptionnelle de cet oiseau mais, par hypallage (oiseau des vastes mers) elle peut aussi suggérer sa symbiose avec l’immensité des espaces qu’il parcourt. La chute du géant est suggérée stylistiquement par une rupture de construction. Analyse du poème: L'Albatros de Charles Baudelaire, Analyse linéaire complète de "l'Albatros" de Baudelaire, Analyse Diagnostique Des Marchés Etrangers, Analyse Diagnostique Des Marchés étrangers Devoir 1 CNed. On relève l’emploi de nombreux termes dévalorisants pour qualifier l’oiseau lorsqu’il est sur le sol : « maladroits et honteux », « piteusement », « comme des avirons », « traîner », « comique et laid », « l’infirme », « gauche et veule ». L’importance accordée à cet oiseau se lit dans la place que tiennent les périphrases : la première  (vastes oiseaux des mers) occupe tout le second hémistiche du vers 2, la seconde (indolents compagnons de voyage) neuf syllabes du vers 3. Baudelaire souligne ainsi la difficulté de l’oiseau dans un milieu qui lui est étranger. Le titre « L’Albatros » se remarque par son article défini « L’ » qui nous indique un oiseau, certes, mais un oiseau bien identifié dans l’esprit du poète. Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux, MA, professeur des lettres en Polynésie françaises. L’albatros, oiseau puissant et majestueux dans les airs, s’avère maladroit et faible sur le sol. Le poète semble alors si pleinement habité par son rêve que rien ne peut l’atteindre : il se rit de l’archer (V.14) qui,  du sol, décoche ses flèches. MERCI BCPPPP cava m'aider pr loral maintenu !!!! Les trois premières strophes nous font donc part d’une anecdote qui met en scène la cruauté des hommes vis-à-vis des oiseaux. Nous assistons donc à la chute de l’oiseau. Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches L'albatros est désigné par des périphrases, (v. 2 : « vastes oiseaux des mers » ; v. 3 : « indolents compagnons de voyage »). Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous : Analyse Linéaire - "Alchimie de la Douleur", Séquence 2 - "De la laideur et de la sottise il fera naître un nouveau genre d'enchantements". Analyse + extrait: A Une Passante de Baudelaire. Premières informations sur le titre et la signification de l’œuvre : Projet de lecture : A travers la figure de l’Albatros, quelle place le poète entretient-il avec sa société ? Le jugement le condamne à une forte amende et il entraîne la censure de six poèmes jugée immoraux. Le texte évoque une scène de vie en mer au cours de laquelle un albatros, qui s’est posé sur un navire, est capturé par les marins qui en font leur souffre-douleur. A la liberté de l’oiseau, évoquée par des allusions au mouvement et au voyage –qui suivent (V.3), indolents compagnons de voyage (V.3), ce voyageur ailé (V.9), succède un emprisonnement au sol, perceptible dans la structure même du deuxième quatrain : les deux vers consacrés à l’albatros se retrouvent cernés par la référence au monde clos du bateau, exprimé par la métonymie sur les planches (V.5), et l’allusion aux avirons (V.8). Dans le monde du rêve, de la poésie, il est dans son élément. Est-ce pour mieux accentuer le déchirement du poète entre ses deux vies : celle de la réalité et celle de l’idéal ? Poème construit sur une révélation qui n’intervient qu’au début du 4e quatrain et amène à une relecture symbolique du poème. En conclusion, si « L’Albatros » reprend un des thèmes favoris du Romantisme, celui du poète qui se sent étranger dans une société qui ne le comprend pas, il le traite au moyen d’une écriture bien particulière, superposant le réalisme d’une scène maritime à une dimension symbolique. Figure de l’archer qui est un paroxysme de violence, car l’humain serait capable de monter au meurtre de l’oiseau, et donc du poète. Le poète serait donc maladroit comme l’albatros dans un univers trivial mais majestueux dans le monde céleste qui n’est pas sans évoquer le monde des idées dans lequel évoluera le poète symboliste. Quant au poète, il s’identifie à son tour à l’oiseau par le motif de l’aile : Ses ailes de géant l’empêchent de marcher (V.16). . Mais ne pouvant vivre toujours dans les nuées, le poète doit redescendre sur terre et le prix à payer est lourd. L’action est dramatisée par toute une série de moyens. L’oiseau suscite la caricature et le rire cruel et stupide : l’albatros est perçu comme comique (V.10). Le déplacement opéré par l’hypallage concerne surtout les adjectifs. Qui suivent, indolents compagnons de voyage, L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait ! Tout comme l’oiseau, le poète est incapable de s’adapter aux réalités de la vie ordinaire et un sentiment constant d’exclusion l’habite. L’assonance en [eu] (« piteusement », « veule », « gueule ») mime la déchéance de l’oiseau. « L’Albatros » de Baudelaire, explication linéaire . INTRODUCTION : Ce texte se rattache à l’objet d’étude intitulé « La poésie du XIXe au XXIe siècle ». Le navire glissant sur les gouffres amers. Baudelaire place ce poème quasi en tête du recueil pour revendiquer une nouvelle figure de poète, un être déchiré entre spleen et idéal, en marge de la société. Le titre « L’Albatros » se remarque par son article défini « L’ » qui nous indique un oiseau certes mais un oiseau bien identifié dans l’esprit du poète. Présentation de l'auteur. Exilé sur le sol au milieu des huées, Qui hante la tempête et se rit de l’archer ; Au cœur des débats sur la fonction de la littérature de son époque, Baudelaire détache la poésie de la morale, la proclame tout entière destinée au Beau et non à la Vérité. souligne certes l’envergure exceptionnelle de cet oiseau mais, par hypallage (oiseau des vastes mers) elle peut aussi suggérer sa symbiose avec l’immensité des espaces qu’il parcourt. Le recueil Les Fleurs du Mal (1857) englobe la quasi-totalité de la production de Baudelaire de 1840 jusqu'à sa mort en 1867. Le déplacement opéré par l’hypallage concerne surtout les adjectifs. Il a recours à une image très suggestive pour dépeindre sa propre condition dans une société qui l'ignore complètement. Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers, Le motif de cette capture, , témoigne de la cruauté des marins qui s’exerce fréquemment, ce que rappelle l’adverbe, Uniquement disponible sur LaDissertation.com, Commentaire du poème L'Albatros de Baudelaire, Commentaire Du poème L'Albatros de Baudelaire, Commentaire Composé du poème L'Albatros De Baudelaire, Analyse du poème Parfum Exotique de Baudelaire. Ainsi, les oiseaux subissent les actes des marins comme le montre le COD « les » du vers 5. L’importance accordée à cet oiseau se lit dans la place que tiennent les périphrases : la première  (« vastes oiseaux des mers ») occupe tout le second hémistiche du vers 2, la seconde (« indolents compagnons de voyage ») neuf syllabes du vers 3. Strophe 1, 2 et 3: anecdote maritime, cruauté des marins vis-à-vis de l’oiseau, Strophe 4 : comparaison de l’albatros avec le poète. De même la rime « laid »/ « volait » accentue de manière ironique le pathétique de la situation. . 18/05/2020 00:57. Une hypallage : c'est une figure qui consiste à attribuer à certains mots d’une phrase ce qui convient logiquement à d’autres mots de la même phrase. Le Poète est semblable au prince des nuées L’évocation du lieu répond à une structure très nette : plan d’ensemble dans le premier quatrain avec les albatros qui suivent le navire, plan rapproché dans le deuxième quatrain – un albatros se retrouve cette fois sur les planches −,  confrontation de l’oiseau et des marins dans le troisième quatrain. La chute du roi déchu / Le poète entre rêve et réalité ; La survie du poète dans le théâtre social. Strophe 4 : comparaison poète-albatros, déchéance du poète. v. 1 à 4         : L'albatros dans l'azur, v. 5 à 8                : L'albatros sur le sol, v. 9 à 12        : Les moqueries des marins, v. 13 à 16        : La parabole du poète oiseau. L’anecdote précédente montre donc sa dualité. Premiers cités, les marins sont peu décrits, l’accent est mis sur une communauté. L’action, mise en valeur par l’enjambement, prend un caractère subit et brutal. L’un agace son bec avec un brûle-gueule, Ainsi, les « hommes d’équipage » du vers 1 pourraient symboliser la société qui persécute le poète, le fait souffrir lorsqu’il n’est pas dans son univers naturel. Analyse Linéaire - "L'albatros" 1 Janvier 2020, 16:48 BAUDELAIRE. On assiste très vite à un renversement de situation : l’oiseau, qui dominait par son envol le ciel, la mer et le navire, se transforme en victime. Albatros connote à la fois l’univers maritime et céleste. L'albatros est désigné par des périphrases (v. 2 : « vastes oiseaux des mers » ; v. 3 : « indolents compagnons de voyage ») qui ont toutes une valeur emphatique :  c'est tout l'aspect majestueux et souverain qui est déployé. A travers la figure de l’Albatros, quelle place le poète entretient-il avec sa société ? L’oiseau est constamment personnifié que ce soit en indolent compagnon de voyage (V.3), en roi de l’azur (V.6), en prince des nuées (V.13),en voyageur ailé (V.9) en infirme (V.12). qui ont toutes une valeur emphatique :  c'est tout l'aspect majestueux et souverain qui est déployé. Baudelaire nous livre donc ici le portrait d’un poète déchiré entre la grandeur et la souffrance, entre spleen et idéal. Le personnage doit-il être exceptionnel dans la Princesse de Clèves ? (1857) englobe la quasi-totalité de la production de Baudelaire de 1840 jusqu'à sa mort en 1867. Ses ailes de géant l’empêchent de marcher. Theme: Autofocus © 2013 - Hébergé par Overblog. Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid ! En effet, le masculin singulier de « exilé » ne peut s’accorder au sujet féminin pluriel « ses ailes ». Le poète les caractérise par un accessoire, la pipe, désignée vulgairement par le terme brûle-gueule  (V.11) pour rattacher ces hommes à un monde grossier, trivial, en total contraste avec la description de l’albatros. La construction du poème amène à une relecture des premières strophes. Baudelaire y exprime sa réflexion esthétique, son refus de l’utilitarisme et y définit la fonction du poète « déchiffreur » de symboles. Cette strophe nous dévoile une grande violence des hommes d’équipage non seulement qui le raillent, le parodient, mais vont jusqu’à l’insulter. Le temps présent donne une valeur générale à cette anecdote. Baudelaire nous montre ainsi une inadaptation à une existence sociale où dominent la médiocrité, la vulgarité, l’utilitarisme et la bassesse suscite la moquerie et le rejet des hommes. L’épithète « vastes » souligne certes l’envergure exceptionnelle de cet oiseau mais, par hypallage (oiseau des vastes mers) elle peut aussi suggérer sa symbiose avec l’immensité des espaces qu’il parcourt. Le tragique de sa condition se lit constamment dans le rappel de sa grandeur passée opposée à sa misère présente : Le poète les caractérise par un accessoire, la pipe, désignée vulgairement par le terme. CL de la mer perceptible immédiatement : « équipage » (v.1), « mers » (v.2), « voyage » (v.3), « navire » (v.4). Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule ! Comme le suggère le titre de son recueil Les Fleurs du Mal, il a tenté de tisser des liens entre le mal et la beauté, le bonheur fugitif et l’idéal inaccessible. , donne à la narration une allure de vérité générale. L’action, mise en valeur par l’enjambement (Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage / Prennent des albatros…), prend un caractère subit et brutal. Humilié par sa gaucherie − maladroits et honteux (V.6) –, il se sent veule (V.9), avili, dégradé. La correspondance entre l’homme et l’animal s’établit aussi par l’ambiguïté des termes. Les deux derniers vers révèlent le revers douloureux du génie : Exilé sur le sol au milieu des huées / Ses ailes de géant l’empêchent de marcher. La majesté avec laquelle il évolue dans le monde des idées est traduite par l’harmonie du vol de l’albatros, qui se déploie amplement dans la strophe 1, du fait des enjambements, en une longue phrase bien balancée. Texte 1 « L'Albatros », Baudelaire. Poème composé de quatre quatrains, alexandrins, Deuxième poème de la section « Spleen et idéal ». Comment le poème met-il en évidence la déchéance du poète ? / Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid ! Il est victime de huées (V.15), terme diamétralement opposé à l’image poétique des nuées (V.13) avec laquelle il rime pourtant. Par cette métaphore filée, une lecture des strophes semble évidente : - Les trois premières strophes comparent l’oiseau à un « roi » déchu ; - La quatrième strophe creuse la symbolique du poète. Lui, naguère si beau (V.10). Le poème est basé sur un principe de comparaison : l’oiseau est le poète, le poète est l’oiseau. Son esprit s’envole dans l’espace aérien infini. Le récit que contient le poème est marqué par la répétition : dès le premier mot, l'adverbe « souvent », suivi du présent d'habitude (v. 2 : « prennent »), donne à la narration une allure de vérité générale. La haute mer s’impose d’emblée par le jeu des rimes aux vers 2 et 4 : ,  confrontation de l’oiseau et des marins dans le troisième quatrain. La haute mer s’impose d’emblée par le jeu des rimes aux vers 2 et 4 : oiseaux des mers / gouffres amers. Cette strophe se fait remarquer par la caractérisation de l’albatros. L’anacoluthe (=erreur de construction grammaticale) −exilé sur le sol (…) Ses ailes de géant l’empêchent de marcher (V.15/16)− contraste avec la fluidité des vers précédemment commentée. Ses recueils (Les Fleurs du Mal, 1857 ; Petits poèmes en prose, 1869) et son œuvre critique (l’Art romantique, 1868) sont à la source de la sensibilité moderne. Premiers cités, les marins sont peu décrits, l’accent est mis sur une communauté (v. 1 : « les hommes d’équipage »). Ce texte dresse le portrait d’un poète nouveau, le poète-albatros. Le poème est basé sur un principe de comparaison : l’oiseau est le poète, le poète est l’oiseau. On comprend mieux pourquoi l’on passe d’un pluriel « vastes oiseaux des mers », « ces rois de l’azur » au singulier « ce voyageur ailé », « lui ». Les parallélismes de construction des vers 11 et 12 (« L’un agace »/ »L’autre mime ») insistent sur la généralisation de cette violence. , qui connote le calme et la complicité de l'oiseau, met en évidence l'injustice du sort que lui réservent, . La majuscule au nom « Poète » ainsi que la métaphore « prince des nuées » (qui n’est pas sans rappeler le surnom de « Prince des poètes » qui avait été attribué à Ronsard) suggère l’importance de cette figure. Argerich La première strophe est constituée d'une seule phrase ample pour présenter l'oiseau en vol dans la première strophe. Le tragique de sa condition se lit constamment dans le rappel de sa grandeur passée opposée à sa misère présente : Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid ! L'albatros traduit chez Baudelaire la conscience d'être différent des autres. 1 Janvier 2020, 16:48 INTRODUCTION. L’eau est également rappelée par l’allitération en liquides [ prennent, albatros, mers, indolents, navire, glissant, gouffres, amers ]. Mais elle ne prend son sens qu’à la quatrième strophe qui dévoile la symbolique du texte. L’oiseau apparaît dès le 2e vers. La présence de deux tournures exclamatives accentue encore le caractère dramatique de la scène en traduisant les pensées des marins : Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule ! La dimension symbolique est alors explicitée. Au cœur des débats sur la fonction de la littérature de son époque, Baudelaire détache la poésie de la morale, la proclame tout entière destinée au Beau et non à la Vérité. Le poème se présente comme une scène de vie en mer. Par Laurence Machi  •  16 Avril 2020  •  Commentaire de texte  •  2 715 Mots (11 Pages)  •  1 184 Vues. Lecture linéaire : la rencontre au bal dans la Princesse de Clèves, Dissertation sur la beauté baudelairienne. la métaphore est  une figure de style qui consiste à mettre un mot à la place d'un autre par analogie ; la métaphore filée désigne une métaphore que l ' auteur construit sur plusieurs lignes sur un même thème, La première strophe est constituée d'une seule phrase ample pour présenter l'oiseau en vol dans la première strophe. «  L’albatros », le poème CIV de la section « Spleen et Idéal », composé de quatre quatrains, est un poème qui aurait été inspiré à Baudelaire lors de son voyage en mer vers l’île Maurice. Titre : article défini qui donne une valeur générale, symbolique à l’oiseau. Les verbes d’action qui qualifient le poète (« hante la tempête » « se rit de l’archer ») s’opposent aux termes péjoratifs des deux derniers vers : « exilé », « au milieu des huées », « l’empêchent ». L'expression du vers 3 : « indolents compagnons de voyage », qui connote le calme et la complicité de l'oiseau, met en évidence l'injustice du sort que lui réservent « les hommes d'équipage ». Notons aussi qu’à partir du vers 9, un seul oiseau est évoqué, ce qui prépare la présentation du Poète (V.13), lui aussi individualisé, dont la portée emblématique est renforcée par la majuscule : il représente la condition de tout poète. Connaissant la comparaison entre l’albatros et le poète, une lecture éclairée nous permet de comprendre un thème traditionnel à Baudelaire : la solitude de l’homme de génie au milieu de la foule (les hommes d’équipage). Cette description péjorative entre en opposition avec les termes mélioratifs utilisés quant à eux pour désigner l’oiseau dans son univers céleste ou marin: « rois de l’azur », « leurs grandes ailes blanches », « voyageur ailé », « si beau », « qui volait ». Mais la dernière strophe nous invite à une relecture du texte puisqu’elle explicite une analogie entre l’oiseau et le poète. Les antithèses s’accumulent entre grandeur et chute, spiritualité et matérialité, ciel et terre, poète et foule. Le poème fonctionne donc sur un principe de réinterprétation, après avoir découvert l’enjeu à la quatrième strophe. : c'est une figure qui consiste à attribuer à certains mots d’une phrase ce qui convient logiquement à d’autres mots de la même phrase. Le recueil scandalise la société conformiste et soucieuse de respectabilité. Il doit donc s’exiler, être seul et cette singularité s’est cristallisée dans le symbole de l’albatros. Une idée de grandeur et de détachement du monde matériel se fait ressentir dans la perception du poète : (V.3), rêveur, il plane au-dessus du navire et des, A la liberté de l’oiseau, évoquée par des allusions au mouvement et au voyage –, L’oiseau se voit présenté de manière élogieuse. Analyse linéaire. Les marins deviennent les maîtres de la situation, comme l’indiquent les verbes de sens actif qui s’y rattachent – prennent (V.2), ont-ils déposé (V.5) − tandis que les verbes à valeur passive évoquent les albatros qui laissent piteusement (V.7) – notons l’effet d’insistance créé par la longueur de l’adverbe – leurs ailes traîner à côté d’eux (V.8). De plus la capture se change en torture physique  {L’un agace son bec avec un brûle-gueule –V.11)} et surtout morale : L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait (V.12). Charles Baudelaire (1821-1867) est un écrivain français du XIX ème siècle. Mouvement n°2 : La survie du poète dans le théâtre social. Excellente analyse! Au vers 13 intervient une comparaison qui change radicalement le sens du texte : « Le Poète est semblable au prince des nuées ». Strophes 1 à 3 : anecdote maritime qui montre la déchéance de l’albatros, Vers 1 donne cadre spatio-temporel : « souvent », « hommes d’équipage ».

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